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#CONTRIBUTION:KIIRAAY face à PASTEF : l’épreuve de vérité entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko(Par Baye Omar Ndiaye, Administrateur de la Voix du Saloum)

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La politique a ses ironies. Hier, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnaient un même combat. Aujourd’hui, ils portent deux structures politiques distinctes. Ce changement ouvre une nouvelle séquence de la vie politique sénégalaise, où le débat ne sera plus celui de l’opposition contre le régime d’hier, mais celui de deux projets issus d’une même matrice politique.

 

L’histoire politique regorge d’exemples où des compagnons de lutte ont fini par emprunter des chemins différents. En Afrique du Sud, Nelson Mandela et certains de ses anciens compagnons ont connu des divergences stratégiques après la victoire contre l’apartheid. En France, le général de Gaulle a vu naître plusieurs courants issus du gaullisme. Plus près de nous, au Sénégal, les ruptures entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck, puis entre Macky Sall et l’Alliance pour la République avec plusieurs de ses anciens compagnons, ont profondément remodelé le paysage politique. Une scission n’est donc ni une anomalie ni une fatalité : elle constitue souvent une nouvelle étape dans la vie démocratique.

 

Comme le disait Léopold Sédar Senghor : « La politique est l’art d’organiser la cité au service de l’homme. » Cette citation rappelle que la finalité de l’action politique ne doit jamais être la conquête du pouvoir pour elle-même, mais le service de l’intérêt général.

 

Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir qui a raison entre KIIRAAY et PASTEF. La véritable interrogation est ailleurs : qui réussira à convaincre les Sénégalais par les résultats, la cohérence et la capacité à répondre aux attentes populaires ?

 

PASTEF dispose d’un appareil militant solide, construit durant plus d’une décennie de lutte, d’implantations locales et d’une forte mobilisation de sa base. Ce capital politique représente un avantage réel.

 

En face, KIIRAAY bénéficie d’un autre atout : celui de la légitimité institutionnelle du président de la République et de la possibilité de défendre directement le bilan de l’action gouvernementale. Dans toutes les démocraties, un parti présidentiel est jugé avant tout sur ses réalisations : emploi, pouvoir d’achat, santé, éducation, infrastructures, justice et gouvernance.

 

L’ancien président américain John F. Kennedy affirmait : « Le changement est la loi de la vie. » Cette pensée trouve tout son sens dans le contexte sénégalais actuel. Les électeurs évoluent, les attentes changent et aucune formation politique ne peut considérer son électorat comme définitivement acquis.

 

L’expérience politique sénégalaise démontre d’ailleurs que les rapports de force peuvent rapidement évoluer. En 2000, peu imaginaient la défaite du Parti socialiste après quarante ans de pouvoir. En 2012, Abdoulaye Wade fut battu malgré une majorité politique importante. En 2024, l’alternance s’est encore imposée sous l’effet d’une forte aspiration au changement. Ces précédents montrent qu’aucune victoire n’est éternelle et qu’aucune défaite n’est irréversible.

 

La rivalité entre KIIRAAY et PASTEF ne devrait donc pas être réduite à une confrontation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Elle devrait être une compétition de projets, d’idées et de résultats. Une démocratie forte se nourrit d’un débat exigeant, fondé sur les propositions plutôt que sur les attaques personnelles.

 

Comme le rappelait Nelson Mandela : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait. » Cette citation invite chaque acteur politique à privilégier le travail, la patience et la vision de long terme.

 

Au bout du compte, ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni les rassemblements, ni les déclarations qui trancheront. Le seul arbitre demeure le peuple sénégalais. C’est lui qui décidera, au moment des prochaines échéances électorales, si KIIRAAY parvient à s’imposer comme la nouvelle force présidentielle durable ou si PASTEF conserve son statut de principale force politique issue de la dynamique du changement.

 

En démocratie, les partis passent, les coalitions se transforment, mais une vérité demeure : la souveraineté appartient au peuple. C’est toujours lui qui écrit le dernier chapitre de l’histoire politique.

 

Baye Omar Ndiaye, Administrateur de la Voix du Saloum

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